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Maroc: A la mémoire de Mohammed Khair Eddine


Libération (Casablanca)
 

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Libération (Casablanca)

25 Avril 2008
Publié sur le web le 25 Avril 2008

Abdellah Cheikh

L'artiste-peintre Lahbib M'seffer expose ses paysages jusqu'au 6 mai 2008 à la galerie Memoarts de Casablanca. Dédiée au grand écrivain Khair Eddine, cette exposition reprend les droits de la nature pour nous inviter à méditer sur notre existence dans le silence le plus absolu et dans la luminosité de la voûte céleste : sensibilité et investigation, matière et énergie, éclat fugace et instant, musicalité et vibrations palpitantes, mysticité et dynamique du cosmos, poésie vécue, l'ombre de l'absence et la présence, le souffle comme bouffée d'oxygène pour le mental

Sur l'univers spatiotemporel de M'effer, Khair Eddine disait : «La peinture est avant tout une lumière, et que cette lumière est le résultat d'une fusion de la matière. Il n'y a pas de lumière sans fusion nucléaire et il n'y a pas de peinture sans fusion des couleurs». Poème symphonique à travers lequel s'écoule la sève du monde, l'acte pictural de cet artiste hypersensible se veut une quête spirituelle pleine d'embauches et d'illuminations.

A titre de reconnaissance à la mémoire de Khair Eddine, M'seffer a confié aux passionnés des arts plastiques : «Au cours de nos nombreuses discussions, entre amis, Khair Eddine tint ces propos qui, aujourd'hui, avec le recul, prennent un sens particulier : «Mon rapport avec la peinture ne date pas d'hier, j'ai toujours dessiné Mais cela n'a pas été jusqu'à engager ma plume pour dire ce que je ressentais ».

«Au départ il n'était guère question pour moi d'écrire quoi que ce soit sur la peinture. C'est le travail intense de M'seffer qui a fait son chemin dans mon inconscient de longues années se sont écoulées sans que j'écrivisse un mot sur les toiles du peintre Mais petit à petit l'inspiration a explosé le premier texte naît fulgurant à Paris en 1992».

La Revue Esprit le publiera en juin de la même année sous le titre : Lahbib M'seffer, peintre bucolique. Le 4 décembre 1994, il m'écrivait à propos de notre livre en préparation : «Tout doit être net. Rien de bâclé. Nous sommes là pour ça En tout cas, je sais que tu veilles au grain. Moulime aussi. Rabi également. Nous sommes vraiment les trois mousquetaires. Ils étaient quatre, et nous sommes quatre».

Quand j'avais pris connaissance de son texte, je fus surpris par la sensibilité et la vision de Khair Eddine qui m'avait fait découvrir mes travaux sous un nouvel éclairage. Je me rendis alors compte de l'importance du regard du poète et de sa capacité de trouver les mots justes pour dire l'insaisissable. Je lui en demeure éternellement reconnaissant.

En relisant ces derniers jours ce texte, j'ai constaté combien Khair Eddine était visionnaire et combien son écrit était toujours d'actualité. J'avais l'impression qu'il venait de regarder mes derniers travaux et de les sublimer. Comment réaliser l'actuelle exposition sans lui rendre hommage en ayant une pensée à sa mémoire, et une reconnaissance pour son «amitié indéfectible» comme il aimait l'écrire ».

Des experts ont précisé à cet égard que : «Lahbib M'seffer n'est pas étranger à l'art. Il est artiste depuis toujours comme dit de lui son ami le peintre Abdelkébir Rabi, qui a suivi son itinéraire depuis 1982. Natif d'El Jadida, ville possédant une des plus belles plages du Maroc, où le bleu du ciel rejoint celui de la mer et que traversent quelques vagues et nuages blancs. Voilà l'image qui s'est gravée à jamais dans la mémoire du jeune enfant. Devenu adulte, il consacra tout son temps à l'exercice de la profession à laquelle le destin le mena (la banque). En 1988, il s'attela à l'art en gérant la Fondation, dont la banque l'avait chargé. Il fréquenta dès lors les galeristes, les hommes de lettres et évidemment les artistes ainsi que ceux qui participaient à «la jeune peinture».

C'est dans ce contexte qu'il fit la connaissance de Mohammed Khair Eddine dont l'amitié aboutit à la publication, à Paris, par la revue Esprit (juin 1992), d'un article sous le titre : « Lahbib M'seffer, peintre bucolique », suivi en 1994 du livre « M'seffer vu par Khair Eddine ». Terrassé par sa maladie subite, Khair Eddine ne put assister à l'exposition organisée à cette occasion.

Ce texte donna une nouvelle orientation aux travaux de M'seffer qui se sentait investi d'une mission, par son ami Khair Eddine qui, avant de s'éteindre, avait fait de lui «le gardien de la terre marocaine qui l'a vu naître».

Si on remonte dans l'histoire de l'Art, on constate que le «paysage» a toujours été considéré comme secondaire. Exécuté en atelier, il servait de fond pour les sujets religieux, mythologiques ou historiques. Il faut attendre 1780, pour voir de jeunes artistes partis compléter leur formation en Italie (comme c'était la règle) pour découvrir les beautés et la luminosité du paysage de ce pays. Ils ont peint pour leur propre plaisir des oeuvres qu'ils avaient conservées dans leurs cartons.

Et ce n'est qu'avec Corot (français) puis Constable et Turner (anglais), que le paysage acquît la place qui lui revient, bien avant que les impressionnistes ne peignirent en plein air les motifs et les couleurs qui s'offraient à leurs yeux sous une lumière constamment changeante.

De même, au Maroc, le paysage pur et dur reste limité à quelques rares oeuvres, comme un exercice de style. Exception faite de M'seffer qui, depuis les expositions aux Oudayas (Rabat 1987) et à El Wacetey (Casablanca 1994) et surtout depuis l'écrit de Khair Eddine, s'est livré à une recherche interminable sur la nature marocaine et ses composantes ciel, terre, mer et sable, essayant de tirer la quintessence de la beauté insaisissable du paysage, dans sa majestueuse immensité, sublimé par un ciel généreux et dominant.

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Cet émerveillement devient un acte de foi et de recueillement au point de «vouloir héler» le ciel, dont il essaie de fixer le mouvement et la luminosité dans leur cheminement.

Que devient l'homme dans cet univers de M'seffer? Il fait partie de l'oeuvre et ne peut donc se regarder. Il est là, méditant dans le silence le plus absolu. Et quel que soit le bruit à l'entour, celui-ci est absorbé par l'immensité de l'univers et dissous dans la luminosité de la voûte céleste.

Après une participation constante à des expositions collectives importantes, voilà que M'seffer dédie une grande exposition à son ami Khair Eddine. Une découverte à faire à Memoarts. A voir absolument».


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Author: habibartiste

UN LION EN CAGE,QUI GRINCE SES DENTS,TELLE EST L'IMAGE QUE JE GARDE DE KAIR-EDDINE LE REBELE QUI S'EST FAIT AVOIR CHEZ LES SIENS...Je N'AI PAS RETROUVé le soleil arachnide chez m'seffer c'est dire combien l'art est imposture... ,


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