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Burkina Faso: Requiem pour le cinéma Burkinabé ?


L'Observateur Paalga (Ouagadougou)
 

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L'Observateur Paalga (Ouagadougou)

2 Juillet 2008
Publié sur le web le 3 Juillet 2008

Barry Saidou Alceny

Il y a trois invariants autour desquels le Burkina est connu du reste de la planète : c'est le pays de Thomas Sankara, c'est un pays très pauvre et, enfin, c'est un pays de cinéma.

Si le mythe Sankara prospère et si, chaque année, nous tenons la queue du classement PNUD des pays les plus pauvres, il reste que le Burkina est en train de perdre son 7e art. Nos cinéastes ne sont pas montés sur le podium du dernier FESPACO et rien n'augure d'un nouveau printemps pour ce cinéma.

Il existe une race de cinéphiles impénitents et coriaces, capables d'ingurgiter n'importe quel film, quelle que soit sa qualité, pourvu qu'il déroule 24 images à la seconde. Ils suivent jusqu'à l'apparition des lettres F.I.N. le western le plus insipide, la série B la plus plate, le film gore le plus mièvre, tous les navets indiens de Bollywood et même les nanars nigérians de Nollywood.

J'ai longtemps cru en être et en tirais même vanité jusqu'à ce qu'un film burkinabé m'apporte un cinglant démenti. En me poussant littéralement hors de la salle de cinéma.

Ce n'est pas le film le plus indigeste du monde, mais comme le cinéma burkinabé nous a habitués à des oeuvres de qualité, nous en attendons une certaine hauteur. En effet, coutumiers de films qui nous menaient sur les hauteurs du mont Ténankrou, nous rechignons à suivre un film dans une taupinière.

Quel film était-ce ? Inutile de le nommer parce que beaucoup de films récents du cinéma burkinabé sont de la même facture. Images médiocres, intrigue inexistante, montage approximatif.

De ce film, on pourrait dire comme Macbeth : « C'est une histoire dite par un idiot, pleine de fracas et de furie, et qui ne signifie rien... ». C'est à se demander comment cette génération de réalisateurs a réussi à dilapider en un temps record tout notre patrimoine cinématographique.

Un cinéphile déçu les a comparés aux Talibans afghans qui dynamitèrent les têtes de Bouddah sculptées dans la montagne. Ce qui est très exagéré. Même s'ils ont remplacé l'or de notre cinéma par du plomb !

L'âge d'or du cinéma burkinabé est-il derrière nous ?

On regrette l'époque où le cinéma burkinabé s'imposait sur l'échiquier africain. En ces temps heureux, Idrissa Ouédraogo remportait l'Etalon de Yennenga, "Wend-Kuni" de Gaston Kaboré transportait d'émotions des milliers de cinéphiles, et « Sya, le rêve du Python » de Dani Kouyaté faisait l'unanimité au Fespaco.

Inoubliables, les images pleines de beauté et de poésie d'Idrissa Ouédraogo dans « Tilaï », et « Yaba », avec ces paysages de carte postale qui invitent au voyage. Et la narration de « Wend-kuni », étudiée dans les écoles de cinéma, et l'entrelacement entre image et musique qui faisaient sourdre une grande émotion de ce film.

Et Dani Kouyaté, qui enjambe les siècles et clôt son film par Sya, la folle de l'empire de Wagadu, arpentant un boulevard d'une cité africaine au milieu des klaxons de voitures pour nous dire que nos pouvoirs restent prédateurs. Nil novi sub sole !

Comme dit Confucius, « tout passe, tout lasse, tout casse » et c'est pourquoi on a reproché à ces réalisateurs de faire un « cinéma calebasse », un cinéma, disait-on, qui ne montre que l'exotisme du village au moment où l'Afrique devient de plus en plus urbaine.

Un cinéma urbain et varié, mais un cinéma sans âme

Les nouveaux films ont donc émigré en ville et les nouveaux réalisateurs ont planté leur caméra dans la cité. Malheureusement, l'âme et la poésie n'ont pas fait partie de l'exode. Néanmoins, la thématique s'est enrichie, le cinéma s'ouvrant à tous les genres et à tous les sujets : amour, enfants dans la guerre, comédie musicale, polar politique.

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Seulement, les cinémas sud-africain, maghrébin, tchadien, mauritanien en font un meilleur traitement. Si bien que, lors du dernier Fespaco, la qualité de notre cuvée nationale n'a point séduit. Et Abdoulaye Dao, d'habitude si réservé, avait attiré l'attention des autorités sur cet état de fait et annonçait le désastre si notre politique culturelle n'était pas repensée. Comment en est-on arrivé là ?

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Author: fabien.rabin

.Cet article est très bien écrit, mais je me demande si la crise que subit le cinéma Burkinabé, n'est tout simplement pas la cause d'une mondialisation qui n’apporte que standardisation uniformisation de nos sociétés. Cette crise culturel est peut être lié à une crise identitaire? Ma vision du Burkina au delà d'un pays pauvre, de l'image d'un grand homme qu'était Sankara et du cinéma, c'est la richesse lié aux différences de culture plus de 60 ethnies pour un même pays. Il n'y a pas de pétrole au Burkina mais il y a des hommes le Burkina est sur des axes... [Read Full Text]


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