Le Potentiel (Kinshasa)

Angola: Procès de l'Angolagate - Le Gouvernement Angolais déplore la violation du « secret de défense »

Bienvenu Ipan

7 Octobre 2008


Kinshasa — Le procès de l'Angolagate, vaste affaire de trafic d'armes de guerre où sont jugées 42 personnes dont l'ancien ministre français de l'Intérieur Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné de François Mitterrand ( l'ex- président de la République française), s'est ouvert, hier lundi 6 octobre 2008, au tribunal correctionnel de Paris, a rapporté le Nouvel Observateur.

La République d'Angola elle-même veut empêcher la tenue du procès, au nom du «respect du secret de défense» d'un pays étranger.

C'est une lointaine guerre civile en terre africaine qui vaut aux quarante-deux prévenus de comparaître à partir d'hier lundi devant la 11ème Chambre du tribunal correctionnel de Paris. Parmi eux, une impressionnante brochette d'hommes d'affaires, politiques, célébrités et banquiers, coupables. Selon l'accusation, les uns ont alimenté un trafic d'armes vers l'Angola entre 1993 et 1998.

Et les autres ont bénéficié des profits substantiels générés par ce business orchestré par deux richissimes français associés de circonstance, Pierre-Joseph Falcone et Arcadi Gaydamak.

A côté d'eux, comparaissent des personnalités soupçonnées d'avoir reçu des pots-de-vin. Outre Charles Pasqua et Jean-Christophe Mitterrand, on retrouve Jean-Charles Marchiani, alors son conseiller à l'Intérieur de Charles Pasqua, Jacques Attali, ancien conseiller de François Mitterrand ou le romancier Paul-Loup Sulitzer...

Les sommes brassées dans le cadre de ce qui a été baptisé l'Angolagate donnent le vertige : 790 millions de dollars de contrats de vente d'armes et de munitions, des marges flirtant avec les 50 %, des enveloppes de cash à gogo, des virements faramineux vers des paradis fiscaux, sur fond de corruption et de diplomatie parallèle.

Même si aucun officiel angolais n'est jugé, les virements et cadeaux en nature dont ont bénéficié une trentaine de membres du régime s'élèveraient « a minima » à plus de 50 millions de dollars. Les audiences s'annoncent tendues, d'autant que bon nombre d'avocats de la défense contestent le caractère illicite du commerce d'armes, aucune d'entre elles n'ayant transité par le sol français.

Au bout du compte, le procès qui s'est ouvert hier lundi 6 octobre à Paris revêt un caractère extrêmement important pour la simple raison qu'il pourra décourager les trafiquants d'armes et diminuer par conséquent la possibilité des guerres civiles sur le continent africain.

Copyright © 2008 Le Potentiel. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

Read comments. Write your own.


SELECT
SELECT

Le top des actualités