9 July 2018

Cameroon: Mise En Œuvre Du Plan d'Assistance Humanitaire - Ce Que Prévoit Le Gouvernement

Extraits des échanges entre le ministre de l'Administration territoriale, président du Comité ad hoc chargé de la coordination du Plan, Paul Atanga Nji et le ministre de la Communication, Issa Tchiroma Bakary avec la presse jeudi dernier à Yaoundé.

Madeleine Soppi Kotto, CRTV-Télévision : Monsieur le ministre de l'Administration territoriale, à quelle période situez-vous les premières descentes sur le terrain, et sous quelle forme vont-elles s'organiser ? Paul Atanga Nji : « Le chef de l'Etat veut des actions concrètes sur le terrain. Dès la semaine prochaine (ndlr : cette semaine), nous allons nous déployer. Nous avons des axes d'intervention prioritaires clairement définis par le chef du gouvernement : l'aide aux populations en détresse, l'aide aux agriculteurs, la reconstruction des édifices publics et privés détruits par les terroristes ». Emmanuel Kendemeh, Cameroon Tribune:

Does the situation on the field favour the effective deployment of the teams? Paul Atanga Nji: "Globally, the situation is under control. We have pockets of resistance that we can really minimize and which cannot hinder the deployment of activities on the field. The message should be clear: we are carrying humanitarian assistance to a population affected by atrocities created by people who don't belong to this country. I sincerely believe the forces of defence and security have taken appropriate measures. So, I want to tell you that everything is under control. The pockets of resistance cannot disturb the plan of action put in place".

Jean de Dieu Ayissi, Royal FM : Comment le plan d'assistance humanitaire d'urgence sera-t-il opérationnel lorsque certaines forces exogènes, à en croire les réseaux sociaux, continuent de se déployer avec efficacité dans la zone? Paul Atanga Nji : « Je vais m'inscrire en faux contre ces propos. Les forces exogènes qui s'exercent avec efficacité, je n'y crois pas. Parce que les terroristes sortent pour des actes sporadiques et disparaissent. Ceux qui commettent des atrocités savent que tôt ou tard ils seront arrêtés. Vous le savez, et je cite le président de la République, Paul Biya, qui connait ce pays mieux que quiconque : « Nous avons vaincu le maquis ; nous avons vaincu les villes mortes. Ce n'est pas le Boko Haram qui va nous dépasser ». Alors que valent ces fugitifs dans ces régions par rapport à la force de frappe que représentait Boko Haram ? Aujourd'hui Boko Haram a été réduit à néant. Personne ne peut accepter le désordre. Ce que je dis, c'est que le plan d'action va être exécuté sans état d'âme. Vous allez d'ailleurs constater que depuis un certain temps, il y a pas mal de terroristes d'hier qui ont déposé les armes et qui sont revenus dans la République. Nous demandons aux autres qui tardent à le faire de le faire ; parce que tôt ou tard ils seront contraints de le faire. Nous avons des forces de défense qui sont professionnelles. Elles ont le timing. Elles savent ce qu'elles doivent faire sur le terrain. Par le passé, elles ont eu le dessus dans des situations plus complexes que celle que nous vivons aujourd'hui. Dans les réseaux sociaux nous avons beaucoup d'affabulations, de mensonge, de désinformation. Nous ne devons pas être distraits ».

Viviane Bahoken, Africa 24 : Les sénateurs du SDF (Social Democratic Front) disent qu'ils n'ont pas été consultés pour la mise en œuvre de ce plan. Le gouvernement n'est-il pas en train de préparer lui-même des barrières dans ces régions-là ?

Paul Atanga Nji : « Le chef de l'Etat dit que l'œuvre de la construction nationale est ouverte à tout le monde. Personne n'est exclu, et personne ne doit s'exclure. Le plan d'action est ouvert. Avant qu'il ne soit rendu public, il y a eu des missions sur le terrain et beaucoup de consultations faites avec : les autorités administratives, les forces de défense, les partis politiques, les ONG, les églises. C'est sur la base de ces consultations assez larges que ce programme a été élaboré. Et parce que c'est un plan convaincant, cela a suscité l'élan de solidarité au plan national et international ». Issa Tchiroma Bakary : « Je suis surpris que ce discours vienne du SDF. Le SDF veut-il faire croire et comprendre aux uns et aux autres que, sans eux, c'est le déluge ? Quelle est leur responsabilité quand nous avons des milliers et des milliers des nôtres en difficulté ? Il y a l'union sacrée qui se constitue pour aller à la rencontre de ceux de nos compatriotes qui sont en difficulté, et eux se mettent en marge et s'auto-accusent. Je crois qu'ils se sont tiré une balle dans la jambe. Incontestablement. Nous sommes en train d'administrer au monde que nous sommes une nation en mesure d'être au volant de son destin. C'est l'union sacrée aujourd'hui qui va au-devant de la scène. Il y a menace en la demeure. Avant de faire appel à l'extérieur, la nation se mobilise pour faire face. Je suis désolé que l'expertise du SDF n'a pas réussi à dire aux dirigeants de ce parti qu'il était plutôt temps de se taire, ou au mieux d'adhérer à l'idée pour apporter sa contribution ».

Xavier MESSE, journaliste Free-lance : Monsieur le ministre de l'Administration territoriale, les médias vous prêtent les propos selon lesquels le gouvernement ne dialoguera jamais avec les séparatistes et que par ailleurs vous êtes prêts à juguler la crise, mais avec ceux qui acceptent de dialoguer pour l'unité nationale. N'y a-t-il pas là une contradiction ? Le second aspect de ma question porte sur le débat courant sur le dialogue et la décentralisation. Messieurs les ministres, où en est-on en termes clairs et précis ?

Issa Tchiroma Bakary : « Venez avec les lois de la République et la Constitution, asseyons-nous et parlons. Ne demandez pas au gouvernement d'être hors-la loi. Le gouvernement est tenu de respecter la Constitution. Quiconque accepte la Constitution comme base de dialogue, c'est-à-dire s'inscrit dans la légalité républicaine, est le bienvenu. Le Cameroun dans sa configuration actuelle est la volonté des Nations unies. Dans leur discours, ils (les terroristes) ont tendance à induire les gens en erreur en disant qu'ils étaient d'abord un Etat indépendant : ce qui est complètement faux. Ce qui est une aberration. C'est pour cette raison que nous invitons les uns et les autres à aller consulter les archives des Nations unies pour apporter un démenti catégorique et formel. De par le monde, aucune nation ne peut soutenir la sécession. On ne peut pas s'asseoir autour d'une table pour discuter avec des gens qui veulent émietter notre nation. Nous discutons avec les ambassadeurs. Nous discutons avec les dirigeants des autres nations. Personne n'a jamais remis en cause l'unité de notre nation. Personne n'a remis en cause l'intégrité territoriale de notre nation ».

Paul Atanga Nji : « Le chef de l'Etat, son Excellence Paul Biya, lors de son discours de fin d'année a parlé de dialogue dans un cadre institutionnel, dans le strict respect des lois et règlements de la République. Je voudrais vous dire que ce dialogue est « ongoing ». Il a commencé avec le Premier ministre, chef du gouvernement. Quand les avocats et les enseignants ont commencé avec des griefs, le chef de l'Etat a demandé au Premier ministre de les recevoir et de discuter avec eux. Il aurait pu les convoquer à Yaoundé, mais il s'est déplacé à Bamenda pour rencontrer les protagonistes. Malgré des revendications élastiques, le chef de l'Etat a validé les griefs, dans sa patience et dans sa pondération légendaires. Vers la fin, on nous dit qu'il faudrait inscrire à l'ordre du jour le débat sur la constitution ou le fédéralisme. C'est une imposture inacceptable. Voilà le problème de fond. Dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, vous avez des filles de quatorze à seize ans qui ont été violées et engrossées. Vous avez des filles poignardées parce qu'elles partaient à l'école pour étudier. Vous avez des édifices qui ont été vandalisés, des éléments des forces de l'ordre abattus froidement. Ceux qui ont du sang sur leurs mains ont à répondre de leurs forfaits devant la justice. Les doléances fondées et légitimes présentées au chef de l'Etat reçoivent des réponses immédiates : Audit bench à la Cour suprême, recrutement spécial pour les anglophones à l'ENAM... Ce qui n'est pas acceptable, c'est la surenchère et la démarche anticonstitutionnelle. Quant à la décentralisation, c'est un processus. Le chef de l'Etat a annoncé son accélération dans son discours de fin d'année (ndlr :2017). Le 02 mars dernier, un ministère a été créé et le ministre se déploie sur le terrain. C'est cela l'avenir du Cameroun. Le chef de l'Etat a mis le cap ». Albert Njie Mbonde, CRTV-Radio: Without unveiling your security disposition, what has been done in the ground to ensure that those populations trapped in the bushes by gunshots get the same assistance like those in the safer towns, and that what is sent to them is what they actually need?

Paul Atanga Nji: "There was a global assessment of the situation. Challenges differ from subdivision to subdivision. The message is clear. We have to put in place this plan of action and nothing will disturb us". Albert Njie Mbonde, CRTV-Radio: There is a campaign ongoing on social media meant to discourage the affected populations to accept the assistance. What have you to say to reassure these populations that this is assistance from Cameroonians which is coming from the heart and in good faith? Issa Tchiroma Bakary: "Don't pay any attention to their speech. They are serving our people a deceitful message. Let our brothers and sisters who are undergoing very tough hardship know that their nation is ready to rescue them: wherever they are, within or out of our boarders, they will receive this aid".

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