Au Kenya, le ministre de la Santé s'est insurgé après la publication d'un message dans lequel un prophète auto-proclamé assure que son église a permis la rémission de 30 malades atteints du VIH. « Les questions de santé [...] doivent rester fermement ancrées dans la science, l'éthique et les preuves médicales », prévient David Owuor.
Au Kenya, une polémique marque ce tout début d'année : le ministre de la Santé, Aden Duale, s'est exprimé dimanche, pour demander aux religions de se tenir éloignées des questions de santé.
Cette déclaration fait suite à une déclaration du docteur David Owuor, prophète autoproclamé, qui assure avoir guéri des malades atteints du VIH, lors d'un rassemblement les 30 et 31 décembre.
« C'est déshonorant de dire que le VIH est trop difficile à gérer pour Jésus »
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Ils étaient des centaines de milliers rassemblés à Nakuru, à 150 kilomètres au nord-ouest de Nairobi, pour écouter David Owuor, fondateur du « ministère de la Repentance et de la Sainteté ». Ce rassemblement annuel est baptisé « le grand service de la guérison ».
Cette année, David Owuor s'est surpassé : dans un communiqué publié dimanche, son église revendique la rémission de 30 malades atteints du VIH. De quoi courroucer le ministre de la Santé, Aden Duale, qui rappelle que « les questions de santé [...] doivent rester fermement ancrées dans la science, l'éthique et les preuves médicales ».
Le ministre demande au syndicat kényan des médecins, qui agit aussi comme ordre professionnel, d'enquêter sur les praticiens qui attestent les guérisons miraculeuses du prophète autoproclamé. « Je trouve déshonorant de penser que le VIH serait trop difficile à gérer pour Jésus », s'indigne sur X, le docteur Rerimoi Kibet, généraliste à l'hôpital universitaire Moi, d'Eldoret.
Dans un communiqué, le docteur David Kariuki, président du syndicat des médecins, n'exclut pas « des sanctions » contre certains confrères qu'il accuse « d'induire en erreur des personnes vulnérables et de les dissuader de chercher les traitements adéquats ».