La Chine entame sa tournée diplomatique annuelle en Afrique pour développer les routes commerciales stratégiques.
Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, a entamé le 8 janvier sa tournée annuelle africaine jusqu' au 12 janvier, alors que Pékin cherche à développer son accès stratégique au commerce en Afrique en sécurisant les principales voies de navigation et les lignes d'approvisionnement en ressources. Cette tournée conduira Wang Yi en Éthiopie, en Somalie, en Tanzanie, et au Lesotho.
Dans le cadre de son initiative de la Nouvelle route de la soie ("Belt and Road Initiative"), la Chine s'efforce de mettre en avant ses partenaires africains pour élargir ses marchés d'exportation, en particulier dans les économies comme l'Éthiopie où le FMI prévoit une croissance de 7,2% cette année.
La Chine, premier bailleur de fonds bilatéral au monde, est confrontée à la concurrence croissante de l'Union européenne pour le financement des infrastructures africaines, les pays touchés recherchant désormais des investissements plutôt que des prêts. Pour Pékin, le véritable test décisif pour 2026 est l"africanisation" des investissements.
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En Éthiopie et en Tanzanie, la Chine évoquera la construction de route et d'usines. "Pour les dirigeants africains, cette tournée est l'occasion d'exiger que les projets chinois ciblent spécifiquement nos lacunes industrielles en transformant les matières premières africaines en produits finis sur le sol africain, au lieu de faciliter leur sortie", explique Judith Mwaí de l'Afrique Development Reimagined.
La visite de Wang Yi en Somalie sera la première d'un ministre chinois des Affaires étrangères depuis les années 1980 et intervient alors qu'Israël est devenu le premier pays à reconnaître officiellement la République sécessionniste du Somaliland, une région du nord du pays qui s'est déclarée indépendante en 1991.
Pékin, qui a réitéré son soutien à Mogadiscio après l'annonce israélienne en décembre, souhaite renforcer son influence autour du golfe d'Aden, à l'entrée de la mer Rouge, un corridor vital pour le commerce chinois transitant par le canal de Suez.
En Tanzanie, Pékin cherche à s'assurer un accès aux vastes gisements de cuivre du pays. Des entreprises chinoises remettent par ailleurs en état le chemin de fer de Tazara, qui traverse le pays pour rejoindre la Zambie. Considéré comme un contrepoids au corridor de Lobito, soutenu par les États-Unis et l'Union européenne, ce chemin de fer relie la Zambie aux ports de l'Atlantique via l'Angola.