Afrique: Diplomatie mondiale, le Conseil de la Paix de Trump - Entre approbation et controverse

Le président Egyptien Abdel Fattah Al-Sissi et le président américain Donald Trump
22 Janvier 2026

Dans le cadre du Forum économique mondial qui se tient à Davos en Suisse du 19 au 23 Janvier, des dirigeants mondiaux issus des gouvernements, des entreprises, de la société civile et du monde universitaire se sont réunis pour engager des discussions tournées vers l'avenir afin de traiter les enjeux mondiaux et de fixer des priorités.

A cette occasion, le président américain Donald Trump a signé ce 22 janvier la charte fondatrice de son « Conseil de paix » en présence d'une vingtaine de dirigeants de pays ayant accepté de rallier cette instance placée sous sa coupe.

Ce conseil, initialement chargé de superviser la reconstruction de Gaza, a vu son mandat élargi afin de prendre en charge d'autres conflits. Bien que Washington affirme vouloir agir en coordination avec les Nations unies, l'initiative suscite de vives interrogations sur une possible remise en cause du rôle central de l'ONU dans la gestion des crises internationales.

Une initiative perçue comme un doublon diplomatique

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Pour de nombreux observateurs, ce nouveau conseil pourrait apparaître comme un outil parallèle, voire concurrent, à l'architecture multilatérale existante. Le fait qu'aucun autre membre permanent du Conseil de sécurité hormis les États-Unis n'ait encore officiellement rejoint l'initiative, renforce cette perception.

« Il y a un potentiel immense avec les Nations unies, et je pense que la combinaison du Conseil de la Paix avec les personnalités réunies ici... pourrait être quelque chose de très, très unique pour le monde », a déclaré Trump, qui a longtemps décrié l'ONU et d'autres institutions de coopération multilatérale.

Soutiens régionaux, réserve des grandes puissances

Plusieurs pays du Moyen-Orient et d'Asie, dont l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte, la Jordanie, la Turquie, l'Indonésie et le Maroc ont accepté de s'y associer. Le royaume chérifien, premier pays africain à annoncer vouloir rejoindre le « Conseil de paix », va ainsi intégrer cette nouvelle instance en tant que « membre fondateur ».

Selon la diplomatie marocaine, le Conseil de Paix vise à « contribuer aux efforts de paix au Moyen-Orient et adopter une nouvelle approche pour résoudre les conflits dans le monde ».

S'exprimant lors de la réunion à Davos, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi a déclaré « concernant le Conseil de la paix, c'est pour nous un honneur d'en faire partie. Nous sommes très heureux d'y siéger et de soutenir tous les efforts susceptibles d'apporter la paix, dans toutes les régions du monde et à l'échelle mondiale ».

Les grandes puissances mondiales affichent une prudence marquée. La France et le Royaume-Uni ont décliné l'invitation, tandis que la Chine n'a pas encore annoncé sa position. La Russie, pour sa part, indique étudier la proposition. Selon l'administration américaine, environ 35 dirigeants ont déjà accepté de rejoindre le conseil.

Donald Trump défend que « c'est le meilleur conseil jamais formé » une structure qu'il présente comme plus souple et plus efficace que les cadres multilatéraux traditionnels. Une approche qui relance le débat sur l'avenir du multilatéralisme et sur l'équilibre des pouvoirs entre initiatives nationales et institutions internationales établies.

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