Sud-Soudan: Un «risque de violences massives contre les civils», s'inquiète des experts indépendants de l'ONU

Un risque de violences massives contre les civils au Soudan du Sud. L'alerte est lancée par des experts indépendants des Nations unies. Dans un communiqué publié dimanche 25 janvier, ils expriment leur grande inquiétude face à la situation à Jonglei, qui connait des affrontements depuis fin décembre entre l'armée fidèle au président Salva Kiir et le SPLA-IO, les forces loyales à l'ancien vice-président Riek Machar arrêté fin mars 2025.

La Commission sur les droits de l'homme au Soudan du Sud décrit une « escalade dangereuse, au moment où les fondements politiques du processus de paix sont déjà gravement fragilisés ». Citant les « propos incendiaires » tenus par des responsables militaires et une forte mobilisation de troupes, ils évoquent un risque de violences massives contre les civils, et de conflit ethnique généralisé. La mission de l'ONU au Soudan du Sud (MINUSS), s'est jointe à leur voix pour dénoncer elle aussi, dans un autre communiqué, des discours « odieux » qui appellent à la violence, y compris contre les plus vulnérables.

Le chef de l'armée, Paul Majok Nang, a demandé mercredi à ses troupes déployées dans la région « d'écraser » sous sept jours la rébellion. Selon des propos rapportés par plusieurs médias sud-soudanais, un haut responsable de l'armée a également déclaré qu'il ne fallait « épargner personne, pas même les vieillards ».

Appels de l'armée à évacuer des comtés

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Dans ce contexte de fortes tensions, le porte-parole des forces sud-soudanaises, Lul Ruai Koang, a lancé dimanche un appel à la population de trois comtés de Jonglei, demandant à ceux qui se trouvent dans des zones contrôlées par les forces loyales à l'ancien vice-président Riek Machar (SPLA-IO) d'évacuer dès que possible vers des zones sous contrôle du gouvernement.

« Par le passé, une telle rhétorique a précédé des atrocités de masse au Soudan du Sud », a pointé du doigt Yasmin Sooka, présidente de la Commission. Les experts onusiens appellent la communauté internationale « à faire pression sur les dirigeants pour un retour à la voie politique dans laquelle ils s'étaient engagés ». « Cette crise n'est pas inévitable [...] Mais l'incitation délibérée et l'abus d'autorité auront des conséquences, et la fenêtre d'action se referme rapidement », prévient Yasmin Sooka.

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