Les responsables soudanais multiplient les déplacements dans la région afin de renforcer la position de l'armée qui s'oppose aux paramilitaires depuis plus de deux ans et demi, surtout après les avancées réalisées récemment au Kordofan.
Après la visite de Malik Agar, le vice-président du Conseil souverain au Soudan du Sud, lundi, de celui du général Abdel Fattah al-Burhan, chef de l'armée et du Conseil souverain à Doha au Qatar mardi, le Premier ministre Kamel Idris était mercredi à Djibouti, où il a rencontré le président Ismaïl Guelleh. Cette offensive diplomatique vise à préserver la sécurité nationale devant de plus en plus d'ingérences étrangères.
Le déplacement du Premier ministre soudanais à Djibouti s'inscrit dans un cadre plus large d'efforts visant à dénoncer la nature du rôle des paramilitaires. Un « rôle destructeur », insiste Khartoum, non pas uniquement pour le Soudan, mais également pour les pays de la région. De plus, ce ballet diplomatique intervient à un moment sensible de la guerre au Soudan, avec une implication régionale croissante compliquant davantage le processus politique.
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Il vise à réactiver le rôle du gouvernement et de l'État, qui représente la légalité. Un élément qu'il faut « reconsidérer », selon le bureau du Premier ministre qui a dénoncé le « projet de Chaos » que les paramilitaires propagent dans le pays. Mardi 27 janvier, depuis Doha, le général al-Burhan, accompagné de deux de ses ministres et du chef du renseignement et accueilli en fanfare, a réitéré sa position sur la guerre : en finir avec les FSR. « La rébellion est en passe de disparaître », a-t-il déclaré. Les discussions à Doha, elles, ont porté sur la sécurité et sur l'économie pour la période post-guerre.
De son côté, Malik Agar, le vice-président du Conseil souverain, a dénoncé depuis Juba, capitale du Soudan du Sud, le soutien aux FSR de certains pays voisins qu'il n'a pas nommés. Ses discussions avec le président Salva Kiir et les responsables sécuritaires interviennent un jour seulement après l'attaque des FSR visant des positions de l'armée au Nil bleu.
Khartoum affirme que les attaquants sont partis de l'Éthiopie et du Soudan du Sud. Par ailleurs, Malik Agar a rencontré des responsables de l'Igad et de l'Union africaine à Juba et a conclu : « qu'il n'y aura pas de discussions de paix au Soudan tant que ce pays n'a pas réintégré l'Union africaine ».