En Ouganda, un projet de loi pour encadrer les financements venus de l'étranger revient ce mardi 5 mai 2026 au Parlement. Présenté par le gouvernement comme un outil de protection de la souveraineté, ce texte suscite la controverse. Les défenseurs des droits humains dénoncent un projet aux accents russes, inspiré des lois sur les « agents de l'étranger », qui pourraient restreindre les libertés et les flux financiers. Malgré plusieurs amendements pour tenter d'apaiser les critiques, le texte reste très contesté.
Au coeur des critiques, il y a la création d'un nouveau service au sein du ministère de l'Intérieur, chargé de surveiller les fonds venus de l'extérieur. Concrètement, toute personne qui reçoit de l'argent de l'étranger devra désormais se déclarer auprès de cette structure.
Enoch Barata, directeur des affaires juridiques du parti au pouvoir, le NRM, revient sur l'objectif principal de ce projet de loi : « L'objectif principal du projet de loi est de limiter les influences étrangères négatives sur les affaires politiques nationales. L'obligation est d'abord de s'enregistrer, puis de déclarer. Il ne s'agit pas d'interdire les financements étrangers, mais de les rendre transparents. Et si vous participez à la vie politique, tout financement au-delà d'un certain seuil devra être signalé au ministère de l'Intérieur. »
Un texte liberticide ?
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Livingstone Sewanyana, directeur de la Fondation pour les droits humains en Ouganda, dénonce un système contraignant, avec des conséquences concrètes pour les familles et les investissements : « Imaginez des banques qui ont besoin de capitalisation, d'être réassurées, ou encore des personnes qui envoient de l'argent depuis l'étranger pour améliorer les conditions de vie de leurs familles. Le texte fixe un plafond à seulement 400 millions de shillings ougandais, soit environ 100 000 dollars. Et même dans ce cas, les fonds devront être approuvés par une nouvelle entité au sein du ministère de l'Intérieur, chargée de la paix et de la sécurité. »
La société civile dénonce également un texte qui pourrait restreindre les libertés et cibler les fonds envoyés par la diaspora, notamment à des fins politiques. Un certificat sera exigé, renouvelé chaque année et pourrait être retiré à tout moment par le ministère de l'Intérieur.