Tunisie: Dr Lamia Kallel alerte sur un risque d'hépatite lié à certaines pratiques d'irrigation

La professeure en hépato-gastro-entérologie et cheffe de service à l'hôpital Mahmoud El Matri, Dr Lamia Kallel, a mis en garde contre les risques sanitaires graves liés à l'utilisation d'eaux usées dans l'irrigation agricole, après un cas signalé dans la région de Manouba ayant conduit à l'arrachage et à la destruction de plusieurs hectares de cultures de tomates.

Dans une publication diffusée sur sa page Facebook officielle, la spécialiste souligne que ce type de pratiques ne peut être considéré comme une simple infraction agricole, mais constitue un danger direct pour la santé publique, en raison de la possibilité de contamination invisible des aliments.

Selon elle, les produits agricoles irrigués avec des eaux polluées peuvent devenir des vecteurs de transmission de virus dangereux, notamment les virus des hépatites A et E, ainsi que de bactéries et parasites susceptibles de survivre jusqu'à la consommation humaine, en particulier lorsque les légumes sont consommés crus.

La médecin avertit que les conséquences sanitaires peuvent être sévères, allant de troubles digestifs aigus à des infections hépatiques graves, pouvant dans certains cas évoluer vers des complications fatales. Elle affirme que les services hospitaliers enregistrent régulièrement ce type de pathologies liées aux contaminations alimentaires.

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Un cas ayant conduit à une destruction de cultures à Manouba

Cet avertissement intervient après l'exécution d'une décision administrative ordonnant la destruction de cinq hectares de cultures de tomates dans la zone de Chouigui, relevant de la délégation de Tebourba (gouvernorat de Manouba).

Selon les autorités locales, l'exploitation agricole concernée utilisait des eaux issues du réseau d'assainissement pour l'irrigation, après leur collecte dans un bassin artificiel. Une commission régionale composée des services agricoles, sanitaires et environnementaux a constaté l'infraction, conduisant à la décision d'élimination des cultures, exécutée sous supervision des unités de la Garde nationale.

Les premières constatations font également état d'une atteinte au domaine public hydraulique, notamment par la modification du cours d'un oued local afin de détourner les eaux utilisées.

"La santé du citoyen est une ligne rouge"

Dr Lamia Kallel a insisté sur le fait que la protection de la santé publique doit être considérée comme une priorité absolue, affirmant que toute pratique mettant en danger les consommateurs doit faire l'objet de mesures strictes et de poursuites sans complaisance.

Elle appelle également à renforcer les actions de contrôle, mais surtout à intensifier la sensibilisation. Selon elle, la prévention doit concerner à la fois les consommateurs -- appelés à laver correctement les fruits et légumes, en particulier ceux consommés crus -- et les agriculteurs, qui doivent être informés des dangers liés à l'utilisation d'eaux contaminées.

La spécialiste insiste enfin sur la nécessité de proposer des solutions alternatives viables aux agriculteurs, afin de concilier activité agricole et sécurité sanitaire.

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