Les autorités de cette région du nord du pays, ex-bastion des rebelles, justifient cette mesure par l'absence de plusieurs centaines d'enseignants qui n'ont pas encore rejoint leurs postes.
Au Mali, les enseignants de Kidal se voient privés de salaire. Le motif invoqué par le gouverneur de cette région du nord du pays, ex-bastion des rebelles, désormais aux mains de l'armée malienne : l'absence de plusieurs centaines d'enseignants qui n'ont pas encore rejoint leurs postes. Ceux-ci devaient en effet regagner Kidal avec la rentrée scolaire, effectuée en octobre dernier. Une décision toutefois incompréhensible, selon les enseignants syndicalistes de la zone qui entendent mener des actions pour dénoncer cette mesure.
En mai 2025, le gouverneur de la région de Kidal, le général Elhadji Ag Gamou, avait ainsi déjà ordonné la suspension des salaires d'une vingtaine d'enseignants pour abandon de poste.
L'insécurité a dispersé les enseignants dans le pays
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En raison de l'insécurité dans la zone, la plupart des enseignants de Kidal se trouvent dans des régions plus sûres comme Gao ou Bamako. Ceux-ci avaient obtenu des garanties de la part des autorités, afin de voyager en avion pour rejoindre leur poste. Mais ces transports n'ont jamais eu lieu.
Abdoulaye Salam Maiga, du syndicat des enseignants de Kidal, regrette la sévérité de la décision du gouverneur. Pour lui, "les enseignants de Kidal ne sont pas dans une posture de non-retour dans leurs postes. Nous avons quand même demandé un appui aérien sécurisé auprès des autorités qui n'ont pas répondu de façon favorable. Mais, à notre grande surprise, nous voyons une décision de suspension des salaires de nos collègues. Cela nous a surpris. Nous avons donc mené des actions syndicales en saisissant la synergie des syndicats des enseignants qui va, à son tour, saisir les autorités, afin de trouver une solution rapide à ce problème. Autrement dit, afin de mettre les enseignants dans leurs droits."
Les élèves, premiers concernés
L'absence des enseignants à Kidal ne date pourtant pas d'aujourd'hui, selon cet enseignant qui préfère rester anonyme.
Ce dernier craint que la mesure ne contribue aussi à accroître le taux des enfants déscolarisés dans les autres localités de la région. L'enseignant explique que "cela va impacter l'éducation des enfants de ces zones-là. Il y a plus de dix ans, maintenant, qu'il n'y a pas d'école à Anefis, à Abeibara, à Aguelhok, à Tessalit. C'est vraiment un problème. Je souhaite qu'on revoie la liste des enseignants, qu'on essaie de l'assainir et on va uniquement prendre les enseignants qui émargent au budget de Kidal, afin qu'ils puissent regagner leurs postes."
Les enseignants syndicalistes de Kidal refusent donc la thèse de l'abandon de poste et demandent aux autorités régionales de surseoir à la décision qui suspend leurs salaires.
