Le lundi 19 janvier 2026, la Cour Constitutionnelle du Bénin a livré son verdict, une semaine après le double scrutin législatif et communal, et à quatre mois de l'élection présidentielle prévue le 12 avril 2026, le chronogramme a du sens pour une première dans l'histoire du Bénin
S'il est vrai qu'à priori la victoire de la mouvance présidentielle, composée de 3 grands partis à savoir : l'Union progressiste du renouveau (UPR), le Bloc républicain (BR), et le Mouvement des élites engagées pour l'émancipation du Bénin (Moele-Bénin), n'était pas une surprise, en revanche son ampleur interroge, à la lumière des résultats définitifs rendus publics par la Cour Constitutionnelle.
En effet, le décompte des sièges donne à l'UPR de Maitre Djogbénou avec 41,21% des suffrages, 60 sièges, tandis que le Bloc Républicain d'Abdoulaye Bio Tchané (ancien Président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), obtient les 49 sièges restants avec 36,62% des suffrages exprimés.
Au total, les 2 ténors de la mouvance présidentielle ont raflé l'ensemble des 109 sièges en compétition, à la faveur d'un mode de scrutin qui, à l'avance, devait consacrer cette hégémonie quoique le taux de participation soit inférieur à 50% (36,76%). Une hégémonie qui pourtant n'a pas permis à deux partis de la mouvance d'accéder au parlement, notamment le MOELE avec 1,19% des suffrages, et Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) 4,78%.
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L'opposition quant à elle, aurait, selon les résultats proclamés, obtenu 16,66% des suffrages, et donc sera absente pendant les 07 prochaines années du parlement, car, aux termes de l'article 109 Nouveau du code électoral, « Seules sont éligibles à l'attribution des sièges. Les listes, ayant recueilli au moins vingt pour cent (20 %) des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives.
Toutefois, pour les partis politiques ayant conclu et déposé à la Commission électorale nationale autonome préalablement à la tenue du scrutin un accord de coalition parlementaire, il sera procédé, pour le calcul du seuil prévu à I' alinéa précédent, à la somme des suffrages de ceux ayant recueilli au moins dix pour cent {10 %) des suffrages exprimés au plan national.
Autrement dit, à travers l'alinéa 2 de cette disposition, les partis n'ayant pas conclu d'accord de coalition parlementaire, notamment le parti de l'ancien président Thomas Yayi Boni avec ses 16,4% se voit frappé de « la double peine ».
Non seulement, il sera absent du parlement qui sera le siège du débat politique pour les 7 prochaines années, à la suite de la révision constitutionnelle de novembre 2025 sur les mandats du Président de la République et des Députés, mais en plus rappelons-le, candidat de « les Démocrates » (LD), a vu sa candidature invalidée au stade des parrainages. C'est dire donc que le Parti de Yayi Boni ne sera pas lors de l'élection d'avril 2026, et hors du jeu politique.
Le risque est donc très grand de voir une Assemblée « monocolore » qui pourrait sans doute glisser vers une chambre d'enregistrement.
Toutefois, la mouvance présidentielle devra franchir le Cap et résister au choc des ambitions pour la présidentielle, quoique la candidature de Romuald Wadagni soit quasiment actée. Deux cas de figure peuvent se présenter. Dans le premier, la coalition se maintient et offre une plateforme de soutien au gouvernement qui serait issue de l'élection de Wadagni en gérant au mieux les intérêts de ses alliés.
Ou bien elle se fissure, et c'est possible avec les deux leaders à forte personnalité que sont Me Djogbénou et Abdoulaye Bio Tchané, pour lesquels l'apport des voix des partisans de Yayi Boni pourrait être déterminant. Les prochains jours qui seront marqués par l'installation du parlement pourront édifier de la suite de ce processus, qui fait que le Bénin va boucler pour 7 ans toutes les élections et ainsi se mettre au travail et consolider le bilan de Patrice Talon sinon l'améliorer.
