Afrique: Sommet Washington sur les minerais critiques - Une forte implication des pays africains

Les Présidents du Sénégal Bassirou Diomaye Faye, des Etats-Unis Donald Trump, du Gabon Brice Clotaire Oligui Nguema, du Libéria Joseph Boakai, de la Mauritanie Mohamed Ould Ghazouani et de la Guinée Bissau Umaro Sissoco Embaló
4 Février 2026

L’administration américaine a reçu ce mercredi 4 février 2026 une quarantaine de délégations à Washington, dont la République démocratique du Congo (RDC), le Kenya et la Guinée Conakry, pour un Sommet sur les minerais critiques.

Organisée sous l’égide du secrétaire d’État Marco Rubio, cette première réunion ministérielle sur les minerais critiques s’inscrit dans une stratégie assumée de Washington visant à diversifier et sécuriser ses chaînes d’approvisionnement face à la domination chinoise dans le secteur minier mondial.

Une réponse stratégique des Etats-Unis à l'hégémonie chinoise

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La domination de la Chine sur le marché des minerais essentiels est perçue par l’administration américaine comme un risque majeur pour sa sécurité économique.

En juin 2025, la Chine avait annoncé la suppression des droits de douane sur l’intégralité des importations en provenance d’Afrique, à l’exception de ceux provenant de l’Eswatini, qui entretient des relations avec Taïwan.

En tant que puissance mondiale, la Chine contrôle une large part, si ce n'est la quasi-totalité, dans certains cas, de la chaîne de valeur des terres rares, de l'extraction minière à leur transformation et intégration dans des produits techniques. Une situation qui inquiète Washington, d'autant plus que Pékin n'hésite pas à menacer d'activer ce levier lors des négociations commerciales entre les deux premières puissances économiques mondiales.

La RDC, un partenaire incontournable

La République démocratique du Congo occupe une position centrale dans l’échiquier mondial en raison de ses réserves mondiales colossales de cobalt.

Plus de 70 % de la production mondiale de ce minerai provient du sous-sol congolais, faisant de Kinshasa un partenaire indiscutable pour les puissances occidentales.

Un dossier qui symbolise toutefois cette nouvelle dynamique : la mine de cuivre-cobalt de Mutoshi exploitée par Chemaf dans le sud du pays.

Longtemps convoitée par des investisseurs chinois, elle est désormais sur le point d’être reprise par une entreprise américaine, à la suite d’une intervention directe des autorités congolaises. Un signal fort envoyé à Pékin, mais aussi aux investisseurs occidentaux.

La Guinée Conakry et le Kenya, deux pays aux potentiels énormes

Au côté de la RDC, la Guinée Conakry attire également l’attention des négociateurs américains. Bien que le pays soit engagé dans une période de transition militaire, son potentiel minier reste un levier diplomatique de premier plan pour assurer la stabilité des marchés internationaux.

Très dépendante des investissements chinois dans le secteur de la bauxite, Conakry souhaite attirer davantage de capitaux américains dans l’exploitation de la bauxite, du fer et d’autres ressources minières stratégiques.

Quant au Kenya, l’intérêt américain se concentre sur la colline de Mrima, dans le sud-est du pays, une zone forestière abritant d’importants gisements de terres rares.

Leur valeur est estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars, ce qui en fait un enjeu économique et environnemental majeur.

Nairobi est perçu comme un hub logistique capable de faciliter l’exportation des minerais vers les marchés occidentaux via de nouveaux corridors de transport.

En tout état de cause, en attirant les dirigeants de ces pays africains à Washington pour un tel sommet, tout porte à croire que les États-Unis cherchent à baliser le terrain pour mieux sécuriser leur chaîne d’approvisionnement, quand on connaît le rôle stratégique de ces pays africains dans l’approvisionnement mondial en matières premières critiques.

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