Selon un communiqué de la présidence nigériane, le gouverneur de l'État de Rivers a plaidé pour une reprise de la production de pétrole en terres ogonis, lors d'une réunion à la villa présidentielle à Abuja cette semaine. Réunion à laquelle était conviée des représentants du peuple ogoni, et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPCL). Une réunion vue d'un très mauvais oeil par une vingtaine d'organisations de la société civile.
Depuis les années 1990, et des manifestations contre un nouveau projet d'oléoduc de Shell, le pétrole n'est plus extrait du sous-sol des terres ogonis. Depuis longtemps, des velléités de reprise se font entendre, explique Alex Sewell, spécialiste du Delta du Niger. Mais il constate une accélération du processus : « En décembre, le gouvernement a approuvé la vente de sites appartenant à Shell à un consortium nigérian. Et je crois que cette discussion sur une reprise de la production dans cette zone, cela vient de cet accord. C'est le résultat de l'arrivée de la nouvelle compagnie qui a dit que c'était un atout important et que maintenant que Shell est techniquement hors-jeu, il fallait essayer et le faire à la manière nigériane. »
Mais une vingtaine d'organisations de la société civile s'offusque de cette réunion. Dans un communiqué, elles ont listé 14 revendications. Celestine Akpobari, responsable du People Advancement Center et défenseur des droits de l'environnement. « Le président du Nigeria devrait arrêter tous les plans visant à reprendre l'extraction sur les terres ogonis tant qu'il n'y a pas une consultation significative avec le peuple ogoni et tant qu'il n'y a pas une restauration complète de l'environnement. »
Les organisations demandent également le versement de 1 000 milliards de dollars pour le nettoyage du delta du Niger et en guise d'indemnisation.