Sud-Soudan: Vague d'indignation après la suspension des réseaux sociaux

Au Soudan du Sud, la suspension des réseaux sociaux provoque une vague d'indignation. L'Autorité nationale des communications l'a annoncé mercredi 22 janvier : à partir de minuit, tous les opérateurs télécoms ont dû suspendre les réseaux sociaux pour 30 jours. Cette décision intervient après que des violences à l'encontre de la communauté soudanaise ont éclaté à Djouba.

Des vidéos sur Internet, montrant des Sud-Soudanais assassinés de l'autre côté de la frontière, seraient la cause de cette suspension, selon les autorités. « La population sud-soudanaise a été exposée sur les réseaux sociaux à des niveaux de violence extrême [...] sans précédent », écrit la lettre de l'Autorité nationale des communications au Soudan du Sud. Elle se veut néanmoins rassurante : cette suspension ne pourra excéder 90 jours. « Et cette directive peut être levée dès que la situation sera contenue », ajoute-t-elle.

« Bannir les plateformes en totalité est inacceptable », s'indigne Edmund Yakani, président de la CEPO, l'Organisation pour l'autonomisation des communautés, un organe de la société civile. Il regrette que l'Autorité nationale des communications ne se soit pas contentée de bloquer les comptes de ceux qui relaient des propos haineux.

« Une tentative de museler la dissidence »

La Coalition du peuple pour l'Action civique, quant à elle, voit dans cette mesure « une tentative de museler la dissidence et d'étouffer les voix des citoyens ». Dans un communiqué, elle dénonce, les méthodes « d'un gouvernement autocratique ».

Début décembre, alors que le SPLM, le parti au pouvoir, était vivement critiqué sur les réseaux sociaux, son secrétaire général, Peter Lam Both, avait alors menacé de fermer toutes les plateformes.

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